Cycling

Retour sur ma saison 2016 : 3 leçons

Octobre 2016. J’étais à Milton sur le vélodrome intérieur pour mes dernières compétitions de la saison. De retour vers la maison, les couleurs de l’automne aux abords de l’autoroute me font comme un effet de choc. L’automne est déjà là, je l’ai pas vu arrivée. J’ai pas envie que la saison se termine!

Il y a eu tellement de gros high cette saison, une année aussi folle qu’imprévisible ! Il y a la « méga » victoire à Athens en mai, une victoire d’équipe inoubliable. La plus grosse bourse du circuit à Gastown, ma première vraie course par étapes à Cascade, mes 2 premiers titres québécois, le crit de Montréal. Et pour conclure : une méga performance à la poursuite individuelle de 3km, une preuve que « tout » est possible.

Mais à travers tous les high et les victoires, il y a eu tellement de setbacks, de déceptions et d’obstacles. Je sais pas s’il y a eu une seule semaine où on a pas dû changer mon plan, où je me demandais pas quelle serait ma prochaine course, quel maillot j’allais porter. Des courriels sans réponses, des décisions décevantes, quelques résultats pas tout à fait comme j’espérais et toutes sortes d’imprévus.

Comme m’a dit Rébecca Beaumont un soir en Californie : « On perds jamais. On gagne ou on apprends. » Pour en avoir des occasions d’apprendre y’en a eu! C’est d’ailleurs son dernier blogue qui m’a inspiré de vous partager mes apprentissages. Alors Réb je te vole ton idée, voici les 3 grandes leçons que j’ai tiré de cette saison de fou.

Leçon #1 : Let it go
Ce qui est passé est passé. Combien de fois on se retrouve l’esprit dérangé pendant un entrainement ou une course à être fâché déçue etc. à propos de choses qui sont passées et/ou dont je n’ai aucun contrôle. Des fois y’a rien à comprendre ni rien à faire. Let it go, move on, next. Ça doit être mon côté combattante-têtue qui a du mal à abandonner, mais laisser tomber est parfois la meilleure option.

Leçon #2 : Roll with it
Je suis hyper structurée comme athlète. J’aime quand mon entrainement et mon alimentation est tout planifié au quart de tour, je ne laisse rien au hasard. Un jour de juillet je devais avoir congé d’entrainement et je me retrouve sur le vélo pour faire plaisir au commanditaire et finalement ça roule bin trop vite pour ce que j’avais accepté de faire. L’enfer : quand ça se passe pas comme dans ton plan.

Une ancienne coureuse pro roule avec nous et on discute. Elle me dit : C’est ça le vélo, ça ira jamais comme prévu. On s’ajuste. C’est ta capacité à dealer avec les changements et les imperfections qui te permettra de percer dans le pro. « Just roll with it! ». Hmm..tout à coup ça a débloqué et je pouvais suivre le rythme sans problème. J’ai inscris « Roll with it » sur le bidon qu’elle m’a donné (j’avais pu d’eau..imprévu..) pour m’en rappeler à chaque fois que ça se passe pas comme prévu.

Leçon #3 : Focus
« La douleur va arriver mais tu l’écoutes pas. Tu suis le métronome, le rythme de tes jambes. Tu le lâches pas une seconde, tu suis toujours le métronome. Et tu restes sur la ligne noire. Tu restes concentrée, tu respires. Tu écoutes le métronome et tu le suis, compris? Allez! »

Ça c’est un résumé du speech que m’a fait le coach de BMX au centre national à Bromont, sur un ton ferme et convaincant, un mois avant les championnats canadiens sur piste alors qu’il était venu m’aider à chronométrer mes tours. Il ne connaissait peut-être pas grand chose à la piste, mais il a vu que mon attention était trop sur les chiffres, les temps: mon objectif.

Le résultat après son speech a été instantané, et assez surprenant. Tellement que je me demandais comment c’était possible d’avoir ces watts-là de plus en moi tout ce temps là et que je les utilisais pas. En shiftant mon focus vers l’exécution, le rythme et ma ligne, tout a débloqué. Badabing badaboum

Objectifs 2017

Je me souviens en 2013 quand je suis tombé en amour avec les courses et je découvrais qu’il y avait tout un autre monde au-delà des petites courses locales. Je venais de rencontrer Joanie Caron, ma première idole/mentor/inspiration. Merci Jo :) Je voulais suivre ses pas, devenir « cycliste »! Je m’étais dit que ce serait fou d’arriver à ce niveau-là, de voyager, faire des courses partout avec les meilleures, ça semblait être un si grand objectif. En regardant mon calendrier de la dernière saison, je pense que je suis devenue cycliste! Alors je vais prendre le temps d’apprécier cette étape-là, et ensuite on continuera!

Pour ce qui est des prochains objectifs, présentement ce qui me comble de bonheur c’est de pouvoir pédaler mon vélo, sur la route et sur le vélodrome, d’aller vite, de descendre les côtes sur mon top-tube, de grimacer en les remontant. J’adore m’entrainer, j’adore courir. Ce que je voudrais le plus au monde pour les prochaines saisons, c’est garder ma passion pour le vélo, et apprécier tout le processus, toutes les folles aventures qui nous attendent, les camps tough, les podiums, les gros highs. Y’a plein de moments à vivre avant les prochains Jeux et c’est là-dessus que je veux garder le focus (*voir leçon sur le focus)!